Journalisme en péril ? (partie 2)
Par Anne-Lise, jeudi 2 mars 2006 à 14:50 :: Horizons :: #24 :: rss
(Suite de mon billet sur la conférence "Presse : fusion des médias, fusion des métiers ?") Le cauchemar intégral, c'est donc la perte d'audience, mais aussi la perte de crédibilité, et finalement la perversion du métier de journaliste.
A l'horizon, plus de presse print, abandonnée par les lecteurs, plus de presse en ligne non plus, larguée par l’abondance des sources d’information. Avant la réalisation de ce scénario (auquel personne ne croit), le web aura provoqué une "blessure": le journaliste, tout comme l’écrivain, le professeur ou l’homme politique, n'est plus considéré comme une autorité. Le web est l'outil du peuple. Quiconque s'en empare se met à égalité avec les autres internautes. Et ça, c'est dur à encaisser...
Quand Pierre Assouline commence à bloguer, on le met en garde contre les volées de bois vert. Même pas peur ! Se dit l'écrivain. Et les premiers commentaires tombent, impitoyables... Bien sûr, ça se calme au bout que quelques temps. Mais la "chute" du piédestal, le baptême, le bizutage a eu lieu. Bienvenue dans la cour des miracles!
Ce vent de crainte se calmera avec le temps, si les journalistes restent fidèles à leur métier. Leurs vertus sont nombreuses : ils prennent le temps de recouper leurs informations, d'analyser les faits, de restituer un contexte. Ils donnent aux lecteurs les moyens d’interpréter les faits. Pour eux, vérité et déontologie ne sont pas de vains mots.
Aujourd’hui apprentis du web, ils se retrouvent comme au temps de la jeunesse de la presse. Quand les outils multimédia et les usages du web seront maîtrisés, leur professionnalisme fera de nouveau la différence, face aux algorithmes des moteurs de recherche.


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