Un webdesigner, en France, c'est un artiste. Aux Etats-Unis, c'est un technicien. Pour aller plus loin encore dans la caricature: un site design à la française, c'est plaisant ; un site design à l'anglo-saxonne, c'est... Spécial :

Ce stéréotype trouve ici une étonnante illustration. Le site de Nielsen ne me pas semble très séduisant. Peut-être parce que les Américains spécialisés dans les questions d'interface dissocient la notion d'esthétique et la placent loin derrière celle d'ergonomie (ou usabilité). Du coup, le beau n’étant pas un critère d’usabilité, faire du design à l'anglo-saxonne, c'est concevoir un site performant selon les critères de clarté, d’utilité et d’efficacité du point de vue de l’utilisateur ; de rentabilité du point de vue de l'émetteur.

Pour autant la question de l'esthétique se pose aussi chez les spécialistes anglo-saxons de Human Factors, surtout depuis le succès du ravissant iPod. La question est de savoir mesurer, quantifier même, l'impact d'une émotion sur l'appréciation d'un objet en général, d'un site internet en particulier. Donc le lien entre l'utile et l'agréable est à l'étude.

Pendant que les Américains multiplient depuis quelques années les expériences permettant de lier quantitativement le beau au bon, les Français se lâchent... En France, on pense sans doute qu'un site moche fera fuir immédiatement l'internaute. Les Français seraient-ils parfois plus pragmatiques que les anglo-saxons?

Parfois seulement, car privilégier l'esthétique conduit par mégarde à sacrifier les règles de bases de l'usabilité : introductions flash magnifiques qu'il est impossible de passer, difficulté à trouver le moteur de recherche interne, etc... Erreurs que l’on ne trouve pas sur le site de Jacob Nielsen.